Bienvenue x)




Bonne lecture à celles et ceux qui auront la bonne (ou la mauvaise) idée de parcourir mes lignes =)




Merci énormément à Maylie ! As tu un email? =)









MERCI A "UNE ADMIRATRICE" =D

Merci également à "une lectrice ravie" ^-^, je ne sais pas si vous êtes la même personne, mais au bénéfice du doute...
Merci énormément :)

Merci également à ceux et celles qui m'ont ajoutée dans leurs favoris, j'espère avoir vos avis =p

Et j'ai en ce moment 9 demandes d'amitié.
Jdois vous avouer que je n'accepte pas n'importe qui dans mes amis, car je n'en fais pas la collection x) mais si vous voulez vraiment être mon ami (libre à vous ^^), bah dites le moi, laissez au moins un petit commentaire du style "je lis ton histoire j'aimerais bien que tu m'ajoutes dans tes amis" et hop je vous ajoute, ne vous inquiètez pas, je ne mords pas, et je réponds aux commentaires ^-^

PS: Est ce que je parle français? 12 demandes d'amitié maintenant !! Je n'ai pas l'impression de m'exprimer en japonais traditionnel pourtant ^-^


Bisous à tous !!


# Posté le samedi 12 septembre 2009 11:24

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 12:49

One Cause I'm just a little girl, you see?

One                                                                                                                                                     Cause I'm just a little girl, you see?
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__'___________________'__--------- Un essui




















-------- Vitamine. Personne ne s'appelle comme ça. Personne, sauf moi. Un bug momentané de mes parents, une panne, un oubli de banalité. Je suis venue au monde avec un poids déjà lourd à porter. Un cadeau empoisonné dont j'allais devoir récolter les fruits tout au long de ma misérable existence. Pour offrir un prénom tout simplement ridicule à son premier enfant, il faut vraiment s'appeler Steven et Cameron Parker, habiter dans un coin paumé de l'Arizona et avoir un mini van arlequin en guise de voiture. Oui, mes parents font partie de cette vague générationnelle Peace and Love, hippie et j'en passe.


-------- La fleur aux dents, le chapeau de paille enfoncé sur son crâne garni de longs cheveux noir de jais, c'est sur la route que mon père a aperçu ma mère, ravissante créature faisant du stop sur le bas côté. Le jeune homme de l'époque, dragueur à souhait, s'est garé tout près de la belle jeune femme qui allait peu de temps après devenir sa femme.

« Monte, beauté » furent ses premiers mots. Ravie, maman a grimpé dans la voiture piteuse de ce charmant garçon. Neuf mois après, me voilà. Vitamine, mon prénom, j'étais née pour être une petite Vitamine. Parfois, je leur demande encore :

« Papa, maman, pourquoi Vitamine ? »

Mon père dépose alors sa sardine grillée dans son assiette en plastique et me déclare, le regard profond et doux :

« Une enfant exceptionnelle, un prénom exceptionnel. »

Je lui réponds toujours par un soupir et finis la sardine bien trop huileuse.


-------- Après ma naissance, mes parents ont rapidement acquis un petit chalet en plein milieu du désert, entouré de cactus. Quelle idée, un chalet en zone aride ! Mais je l'aime, ce chalet.

C'est toujours un n½ud dans le ventre que je remplis les formulaires de début d'année, à l'école. Quand j'arrive à la question fatidique, Profession du père, profession de la mère, je mords mes lèvres, et, comme chaque année, je mens. Non, ce n'est pas vraiment mentir, disons plutôt que j'enjolive la réalité. Papa, serveur à Mcdonalds , devient pour mes professeurs chef cuisinier. Après tout, il est le roi des hamburgers ... Quant à ma mère, vendeuse dans un magasin de lingerie fine, elle se transforme en PDG d'une grande entreprise. Autant mettre du beurre dans les épinards, et cela me permet d'esquiver chaque année les redoutés et redoutables rendez vous parents- professeurs, prétextant le même motif, c'est à dire la surcharge de travail de mes parents et leur manque de disponibilités. Ces derniers seraient bien capables de câliner mes profs, tout en leur confessant que je dors toujours avec Fifi, mon doudou, croyez en mon expérience...

-------- Je n'ai pas vraiment honte de mes parents. Disons que j'essaie de les ... éloigner le plus de ma vie sociale, déjà assez tourmentée. Je ne pourrais pas me permettre de rameuter deux rêveurs, croyant toujours au pouvoir surnaturel des Free Hugs et des soirées sur la plage où ils parlaient, chantaient, et même faisaient l'amour. La tête toujours perdue dans des contrées inconnues, et leur envie maladive de reprendre la route me chagrinent. Après tout, ils ont arrêté leur rêve éveillé pour me permettre de vivre une vie « normale. »

D'accord, si je ne me prenais pas en charge, je me nourrirais exclusivement de pommes d'amour et d'épis de maïs, je laverais mon linge dans le ruisseau derrière la maison, je connaitrais toutes les chansons de John Lennon et j'éprouverais un amour sans limites pour les marguerites. Mais, pour moi, ils ont mis entre parenthèses leurs projets de conquérir l'Amérique, de faire cesser la faim dans le monde et de câliner tous les habitants du Groenland pour les réchauffer. Et ça, ça vaut bien une petite prise en charge de mon côté.
Après tout, je préfère les voir épanouis dans leur monde coloré et idyllique que malheureux dans le monde réel, même si je sais que sédentaires, ils n'assouviront jamais toute leur soif de désir. Mon éducation est basée sur un principe simple : liberté.
A 5 ans, j'avais le droit d'aller à la plage toute seule, malgré mon incapacité à nager.

« Tu n'es pas idiote, Vitamine, tu n'iras pas où tu n'as pas pieds. »

Allez dire ça à une gamine de 5 ans ! Finalement, j'ai appris à nager toute seule, au prix de nombreuses tasses avalées et de quelques frayeurs. A 10 ans, ma mère commençait déjà à me parler garçons, remplissant mes poches de préservatifs que je jetais avec honte dans les toilettes. A 12 ans, mon père m'a fait essayer la cigarette.

« Ca, ma noisette, c'est le bonheur absolu. »

--------J'ai avalé la fumée et toussé pendant 5 minutes, m'arrachant les yeux et les poumons. Aujourd'hui, j'ai 16 ans. Je fais ma lessive, je range ma chambre, je fais les courses et prépare à manger. J'ai peut être grandi trop vite, mais cette vie me convient parfaitement. Il y a toujours ce petit manque qui subsiste au fond de mon c½ur, que je n'arrive pas vraiment à comprendre. Le manque paternel et maternel. J'ai toujours eu l'impression d'avoir été élevée par mon frère et ma s½ur. Notre relation a toujours été très « hey mon pote, quoi de neuf. »

--------Mais, je les aime, profondément. Après tout, être totalement libre présente quelques avantages. Très proche de mon meilleur ami, Max, j'ai l'autorisation de dormir chez lui quand bon me chante, et réciproquement, il vient à la maison quand il veut. Ce petit train-train nous va à ravir. Heureusement qu'il est là, lui. Il faut dire que ma maturité et mon prénom font de moi la risée de l'école.
Entre les célèbres « Alors Vitamine, A, B, C ? », ou encore les « Vite, amine moi ! »... On va dire qu'avec le temps, on s'habitue. De toute façon, Max vaut bien tous les amis du monde entier. Serviable, toujours présent, gentil, attentif, galant, mignon, et homosexuel, grand bien lui fasse. Je dois dire que j'ai été soulagée quand il m'a annoncé son penchant pour la gente masculine. Au moins, pas de doute à avoir, notre relation restera toujours purement amicale. Et, le plus important, il adore mes parents. Je leur avais annoncé (sous la menace de me retirer la machine à laver) que mon ami aimait les hommes. Le soir même, Max venait passer la nuit à la maison. Quelle honte ils m'ont fait ! Lorsque Max est rentré, mes parents ont débarqué comme en Normandie et l'ont couvert de bisous, le félicitant de son homosexualité. Comme je l'imaginais, il l'a très bien pris et m'a rejoint dans ma chambre où je m'étais terrée, un oreiller sur la tête. Il s'était posé à côté de moi et m'avait murmuré :

« - Les nouvelles vont vite à ce que je vois. »

J'avais péniblement retiré le coussin de devant mes yeux, et, rouge tomate, j'avais observé son sourire narquois en balbutiant :

« - Désolée... Ils avaient menacé de me retirer la machine à laver... »

Il avait tout bonnement éclaté de rire.


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« Driiiiing ! Driiiiing ! ». Je marmonne une phrase incompréhensible et éteins le réveil, puis me rendors. Cinq minutes plus tard, j'entends hurler :

« VITAMINE !! »

-------- Ca, ma mère n'oublie jamais de me réveiller. L'école, quelque chose d'essentiel pour elle. Bon sang, pourquoi je ne suis pas libre de sécher les cours à ma guise ? A contre c½ur, je roule en boule ma couverture en plumes d'oie et pose mes pieds nus contre le sol boisé. Quel contact agréable, la plante de pied collée contre du chêne vernis. Je file ouvrir le velux et le soleil m'aveugle. En descendant l'escalier, une odeur familière me prend au nez. Maman a encore brûlé les pancakes ... J'accélère la cadence et la retrouve dans la cuisine enfumée. Je bouche mon nez et d'une voix canardeuse m'égosille :

« - MAMAN ! MAMAN ! »

J'aperçois sa crinière dans les flammes noires. Elle est vivante. Je m'empresse d'ouvrir la fenêtre, laissant échapper la fumée. Maman est assise sur son tabouret rose fluo, la tête baissée, apparemment peinée. Je m'approche doucement d'elle et dépose ma main sur son épaule qu'elle définit comme « grassouillette ». J'aime l'embêter avec ses deux kilos en trop. Elle est mince, mais à force de se plaindre, je finis par lui donner raison. Vexée, elle me dit toujours:

« - Mais enfin, Vitamine, c'est de ta faute ! On m'avait dit de manger plus ! Je devais manger pour 2 !
-Oui, maman, mais manger pour 2, ce n'est pas pour 10.
-Je voulais que tu ne manques de rien. »

Et, à chaque fois, je la prends dans mes bras, lui caressant doucement les cheveux.

« -Maman, que se passe t'il ?
-Saleté de cuisinière ! J'ai suivi exactement la recette, ils disent de laisser le pancake grilloter!
-Maman, grilloter, ça ne veut pas dire griller. Tu l'as laissé trop longtemps, c'est tout. Ce n'est pas grave. »

Je lui frotte l'épaule de manière réconfortante puis vais chercher mon paquet de céréales soit disant de secours, mais qui est devenu simplement mon paquet de céréales. Qu'elle est mignonne maman, quand elle ronchonne.

-------- Ensuite, à contre c½ur, je vais me doucher puis m'habille de la manière la plus sobre possible. Malgré l'insistance de ma mère qui me supplie de mettre ses anciens vêtements dans lesquels elle ne rentre plus, je prends toujours soin de refuser. Un pantalon d'Aladin, un débardeur laissant le ventre nu, et des sandales... Même avec de la volonté, jamais je ne mettrai ces vêtements. J'opte pour un tee shirt uni et un panta-court, uni également. Mes cheveux remontés, je descends l'escalier 4 à 4, Max m'attendant sur le pas de la porte. Maman me tend mon goûter et marmonne « Franchement, Vitamine, tu pourrais faire un effort ! Tu as un potentiel physique que tu n'exploites pas ! A ton âge ... » J'ai déjà fermé la porte, prenant soin de l'embrasser furtivement sur la joue. Max me regarde, le même sourire narquois aux lèvres.

« Quoi ? »

Il pose la main dans son sac et en sort une petite boîte de chocolats.

« - Joyeuse Saint Valentin ! »

Je le regarde, et écarquille les yeux.

« - Oh ! Ah oui, c'est vrai, on est le 15 ...
-14, Vitamine.
-14, c'est vrai. J'avais oublié. Tu es adorable, mais les chocolats vont fondre le temps qu'on arrive à l'arrêt de bus.
-On a qu'à les manger maintenant.
-D'accord. »

-------- J'ouvre la boîte et lui tends un petit praliné. Il m'a toujours par les sentiments. Ah, la Saint Valentin, la fête la plus débile que l'homme ait pu créer ! Sous prétexte de fêter les amoureux, on donne une date particulière où les gens doivent s'offrir des montagnes de chocolats, déclarer leur flamme, et acheter, consommer. Ce n'est qu'une vulgaire fête commerciale, mais je n'ai rien contre quelques pralinés gentiment offerts par mon Max.
Le bus miteux arrive rapidement. Une ambiance particulière règne alors que nous grimpons et montrons notre titre de transport. Une odeur étrange. Une odeur d'amour. Je me bouche le nez, ne supportant pas cette senteur nauséabonde.

« - Vitamine, qu'est ce que tu fabriques ?
-Ca pue l'amour ! »

Soupirant, Max s'installe au 4ème rang. Je l'ai vexé. Timidement, je m'assois à ses côtés. Je tente quelques regards en coin. Il a la tête levée vers le ciel. Grincheux, va. Monsieur Mamour ! L'amour, c'est ce qui englobe sa vie. Bisous, câlins, lettres romantiques ... Quelle horreur !

« - Max, je ...
-Vitamine, qu'est ce qui ne va pas chez toi ? »

Médusée, j'ouvre la bouche, m'apprêtant à avaler une mouche. Les sourcils froncés, les yeux antipathiques, il m'observe, guettant ma réaction.

« - Comment ça, qu'est ce qui ne va pas ?
-Tu es tellement ... sans amour.
-Mais Max, je t'aime !
-Ce n'est pas ça. Je veux dire, on dirait que tu fais barrière à l'amour, le vrai, avec un grand A, celui qui te prend aux tripes, qui t'empêche de dormir et qui hante ton esprit.
-On dirait que tu me parles d'un cauchemar ... »

--------Il soupire, encore, d'une manière plus dépitée. Je suis peut être un cas désespéré.
L'Amour, avec un grand A, A comme Affreux, Abominable. La preuve, on dit que l'amour rend aveugle. Et Amour, ça rime avec lourd. Ca te donne des nausées, ça bousille tes heures de sommeil et ça réduit à néant ta capacité de réflexion. La preuve, à chaque fois que Max est amoureux, il perd 2 points sur sa moyenne. L'homme est trop naïf pour se rendre compte que l'amour est un travesti qui s'habille en rose et qui remplit la tête de nuages et de guimauves.

-------- On arrive bien trop vite au lycée, avec un grand L, comme Lassant. Lycée, ça rime avec saleté. S'il y a bien deux choses que je fuis comme la peste : l'amour et le lycée. Chaque matin est une nouvelle torture, lorsque je débarque dans les locaux poussiéreux et extrêmement préhistoriques, locaux qui me tiennent lieu de salles de cours. Ecouter les profs n'est pas la chose la plus périlleuse. Non, la chose la plus périlleuse, c'est de retrouver ceux avec qui j'écoute ces professeurs. Des imbéciles heureux, des déglingués de la cervelle, des sans-neurones. On ne doit pas être de la même espèce, c'est totalement impossible. Ou, du moins, pas de la même catégorie d'espèces. Je ne leur demande pas d'être Einstein, j'en serais moi même de toute manière incapable, mais d'avoir un minimum de réflexion. Savoir que quand on fait tomber une canette de Coca Cola, on la ramasse et on va la jeter à la poubelle, on ne marche pas dessus en riant comme un âne. Comprendre que les lunettes des élèves ne sont pas des ballons de football. Des problèmes basiques. Ce n'est pas un lycée, c'est une jungle, un ring où s'affrontent avec férocité l'intelligence et l'idiotie. L'un prime sur l'autre de part sa quantité ...

-------- Le portail passé, j'entends déjà leurs voix péteuses ricaner. Les gorilles se cherchent des poux, apparemment. Max passe sa main autour de mes épaules et presse le pas. Une fois dans le couloir, je fixe mon ami.

« - Tu me pardonnes ?
-Je ne suis pas fâché, Vitamine.
-A, B ou C ? »

L'autre crétin, j'ai nommé le primate Jonathan Smith, vient de me tirer la queue de cheval tout en vociférant cette blague passée de mode. Ils ne se renouvellent même pas, c'est très ennuyeux, à la longue.

« - Le pélican a encore mangé trop de langoustes hier soir, marmonne Max. »

Je souris. Jonathan nous regarde, apparemment en intense réflexion, sa bouche formant un rictus ... indescriptible, et ses petits yeux de vautour à demi fermés. Notre blague marche aussi à chaque fois. Déçu de ne pas avoir compris, le pélican s'éloigne. Quant à nous, nous nous dirigeons vers mon casier
.



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Pix: Vitamine =)

# Posté le jeudi 12 février 2009 03:35

Modifié le samedi 14 novembre 2009 11:51

Two And the boy chases the girl...

 Two                                                                                                                                               And the boy chases the girl...









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-------- Je me suis précipitée sur mon casier tagué. Les lettres de l'alphabet avaient été barbouillées au marqueur noir sur la surface bleuâtre. Finalement, cette décoration donnait une certaine singularité à ce rectangle en métal, si insignifiant d'habitude. Le premier jour où j'avais découvert cette dégradation, je m'étais mise à pleurer. Pleurer, parce que j'avais le seul casier différent des autres. J'avais été la cible d'actes de vandales, hooligans en herbe. Et finalement, je m'étais ressaisie. Mon casier était particulier. Aucun autre ne lui ressemblait. C'est l'unicité qui fait la force des choses. On rigole de moi parce que je suis différente, mais je rigole de vous, parce que vous êtes tous pareils. Max avait entériné mon idéologie. Lui aussi était différent, après tout. Son casier était aussi unique. En lettres roses, « Gay Pride » avait été inscrit. Sa réaction m'avait médusée : il s'était mis à rire.

--------A la va vite, j'ouvris la petite porte grinçante et attrapai mon livre de biologie. Je ne vis pas l'enveloppe glisser de ma pile de livres. Ce fut Max, avec une souplesse quasi féline, qui la rattrapa à l'envolée. Je me retournai, voyant qu'il scrutait une enveloppe fermée.

« - Qu'est ce que c'est ?
-C'était dans ton casier. Tu viens de la faire tomber.
-C'est ... pour moi ?
-Oui.
-Encore une blague du pélican. »

--------Je me retournai sans porter attention à ce que Max me tendait.

« - Mais enfin, lis.
-Pourquoi ? Pour lire encore des insultes ?
-Bon, je la lis en premier... »

--------Il commença à la déchirer. Je me précipitai sur ses mains et récupérai mon bien.

« - Tu veux la lire, finalement ?
-Ce n'est pas comme ça qu'on ouvre une enveloppe. »

--------Délicatement, à l'aide de mon pouce, je libérai de sa prison une lettre. Intriguée, je la dépliai et la parcourus des yeux. Ecriture appliquée et minutieuse. Stylo plume, encre Parker, aucun doute. Lettres enroulées et joliment dessinées. J'ôtai de mes suppositions que cette lettre était de la main du pélican. Son écriture bâclée et ses dizaines de fautes d'orthographe étaient une insulte à ce qui se trouvait devant mes yeux. Ce n'était pas une blague. Mais alors, qui pouvait m'écrire ? Inspirant profondément, je débutai ma lecture, le regard de Max me surplombant.




« Par un beau matin ensoleillé, comme il y en a beaucoup de part chez nous, je marchais dans le lycée grouillant de monde, vide d'émotions et de désir. Quand soudain, j'ai entendu une voix. Un murmure délicieux, qui a englobé chaque parcelle de mon âme. Un roucoulement pénétrant, envoutant, totalement opposé aux sons dissonants et nauséabonds produits par le reste des lycéens. Sous le charme de ce soprano, j'ai voulu connaître la propriétaire de cette magnificence de la nature, de ce don prodige de grâce et de volupté, de cette naïveté enfantine qui faisait tambouriner mon esprit. Un peu de miel dans ce fatras de déchets. Du baume cicatrisant offert gratuitement à mes blessures et à mes plaies.

Et c'est alors que je t'ai vue. Ton visage, étincelant, illuminant le couloir terne. Tes yeux, tes prunelles diaboliques, d'un marron ténébreux, que j'ai eu la chance de croiser. Une pépite d'or dans un amas confus de terre stérile. Une étoile filante dans la nuit sombre. Une rose blottie au milieu des ronces. Une beauté dans la laideur. Avec tes vêtements, tu essayais de cacher ton corps sublime. Mais la transparence quasi érotique qu'offraient ces bouts de tissu me permettaient de t'imaginer sans mal entièrement nue. Tu es le soleil qui fait briller l'Arizona. En te contemplant, ta bouche vermeille, tes mains, à nouveau tes yeux, dans lesquels je m'aventurais, et trébuchais pour me perdre dans leur lumineuse étendue, j'ai senti mon c½ur se transpercer. Un éclair m'a paralysé. Penses tu que ce soit un coup de foudre ? Ca m'en a tout l'air. C'était tellement profond, inattendu, déroutant. Une décharge qui réveille mes sens et leur permet de s'épanouir. Un coup de massue qui me redonne la vue, ainsi qu'une hyper sensibilité. Mon bouton qui a pu finalement éclore, se nourrissant de la richesse de tes rires, grandissant au rythme de tes battements de c½ur.

Et les séquelles sont imprévisibles. Tu fais maintenant partie de mon esprit, à toute heure du jour et de la nuit. Quand je ne t'entends plus respirer, l'air vient à me manquer. Quand je ne te vois plus sourire, je me mets à pleurer. Quand tu n'es pas là, je perds toute raison d'exister. Et la nuit, seul dans mon lit, je t'imagine au creux de mes bras, et tu me parles, et je bois tes paroles tel un vampire s'abreuverait du sang de sa victime, et j'embrasse chaque recoin de ta peau, aspirant ton odeur corporelle.

Je ne sais pas ce que tu penses de la St Valentin. Avant de te rencontrer, je trouvais cela débile. Maintenant que tu fais partie intégrante de mon existence, je pense que cette fête est la chose la plus dénuée de sens que les êtres humains aient pu dégoter. Chaque jour où j'ai le bonheur de t'apercevoir, mon c½ur se remplit d'un trop plein de joie, le faisant papillonner. Revoir ton sourire, ton regard est une fête quotidienne, de chaque instant. Alors, dire que la fête des amoureux se substitue à un vulgaire 14 février, c'est une abomination. Chaque matin que Dieu fait, je te dirais que tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie. Je pourrais t'offrir tous les bijoux de la Terre, si tel était ton désir, en te prévenant tout de même que des artifices de la sorte risqueraient de dénigrer ta beauté naturelle. A chaque tombée de la nuit, si l'envie te prenait que je décroche la Lune, tu n'aurais qu'à me demander, et tu pourrais ainsi la contempler de plus près. Lune, astre d'absolue beauté. J'ai l'impression que je me suis métamorphosé en Lune. Tu es la Terre, quant à moi, je gravite en fonction de toi. Restreindre toute une année d'amour à une journée symbolique est tout simplement assassin. Un véritable tue l'amour. Tu aimes peut être cette fête. Si tel est le cas, je te prie d'excuser ces mots crus qui reflètent le fond de ma pensée. Comble du paradoxe, je t'écris un 14 février. Peut être que l'ambiance générale qui règne ce jour, ainsi que l'odeur éc½urante des chocolats fondus m'ont inspiré. Je te donnerai de mes nouvelles prochainement. En attendant, continue de Me hanter.

Ton humble admirateur, ILV.
»





--------Lessivée, je collai mon dos contre les casiers tièdes. Ma tête vint frapper contre l'un deux. Je fermai les yeux, totalement déboussolée.

« - Vitamine ?
-Pince-moi. »

--------Mon ami s'exécuta, m'arrachant un « Aïe » strident. J'ouvris les paupières, hébétée.

« - Mais enfin, Vitamine, que se passe t'il ?
-C'est... je ... il... »

--------Placer des mots sur les émotions qui me submergeaient aurait été vain et dénué de sens. Encore bercée par la mélodie apaisante de ses phrases, je collai la lettre contre mon c½ur. De fines larmes vinrent se perdre sur mes joues pâlottes. Il m'avait totalement renversée. Fait bouillonner mon c½ur, lui donnant du mal à s'adoucir, tant les battements étaient rapides. Un tsunami sentimental avait déferlé dans mes veines, faisant chavirer tout l'équilibre de mon être. Je doutais de la capacité de mes jambes à se mouvoir, de la possibilité de ma bouche à articuler des phrases compréhensibles, de la stabilité de ma tête, pleine à ras bord de son enchantement. Subjuguée. Max tendit sa main.

« - Je peux ? »

--------Sans réfléchir, je lui tendis la lettre, puis m'évanouis dans ses bras protecteurs. Une surdose d'émotions. J'étais bien trop frêle pour encaisser.
L'infirmerie. Pas de doute, l'odeur de café froid parfumant l'haleine de notre chère nurse piquait mon nez.

« - Tu sais pourquoi elle s'est évanouie ?
-Elle a subi un... choc »

--------J'ouvris péniblement les yeux. Max, affolé, et l'infirmière, concentrée, me scrutaient.

« - Ah, te voilà réveillée, mon bonbon sucré. Comment tu te sens ?
-Ca ... peut aller.
-Ton ami m'explique ce qui s'est passé. Tu disais Max, un choc ? »

--------Je regardais le jeune homme, très inquiète.

« Oui, un choc. Je lui ai avoué que ... j'étais homosexuel. »

--------Mes yeux s'exorbitèrent. L'infirmière posa la main devant sa bouche puis me lorgna, l'air désolé. Elle s'approcha ensuite de mon oreille et, se voulant discrète, me murmura :

« - Mais enfin, ma douceur, tu n'avais pas remarqué ? Voyons, ça saute aux yeux. Rien qu'à sa démarche, et ses petits airs féminins...
-Hum hum. »

--------Max paraissait amusé, tout en mimant une expression quelque peu antipathique. Prise au dépourvu, la jeune femme tapota doucement mon épaule.

« - En tout cas, rien de grave, ma belle. Tu auras peut être un peu mal à la tête. Evite de manger trop à midi, pour ne pas tout revomir. Voilà, tu peux y aller, vous n'êtes pas encore en retard. »

--------Pressée de la quitter, je sautai sur mes deux jambes et tanguai un peu.

« Vas-y doucement, tout de même ! »

--------Sans écouter ses recommandations, nous partîmes, puis, une fois seuls dans le couloir, nous nous toisâmes.

« - Où est la ... »

--------Il me la tendit expressément.

« - Tu l'as lue, j'imagine.
-Oui. »

--------Un gémissement s'échappa et je me tapis au sol, roulée en boule. Max s'accroupit pour parvenir à ma hauteur lilliputienne.

« - Tu en penses quoi ?
-J'en pense quoi ! Que veux tu que j'en pense ?
-Tu es heureuse, effrayée, furieuse ? ... »

--------Rêvassant quelque peu, je lui répondis dans un murmure :

« Sous le charme... »

--------Je retrouvai soudain mes esprits. Une pensée déroutante me traversa l'esprit. Mon nez se plissa sous l'angoisse. Max, lisant en moi comme dans un livre ouvert, reprit la parole :

« - Que se passe-t-il ?
-Tu penses qu'il ... qu'il fait des rêves un peu ... avec ...
-Des rêves érotiques où tu es le fruit défendu dans lequel il mord à pleines dents ?
-Euh, si tu veux oui.
-J'en suis certain. »

--------Nouveau gémissement, plus désespéré cette fois.

« - Ca te gêne ?
-Plus que ça ! Je suis au bord de la phobie masculine !
-N'exagère rien, voyons.
-Mais enfin ! Si un mec te prend pour son fruit défendu, tu en penses quoi ?
-Ca me flatte. »

--------Dépitée, totalement. Flatté que quelqu'un rêve de lui, en lui autant sa virginité!

« - Vitamine, mis à part ce détail, avoue que tu as succombé ?
-Plus que ça. »

--------Je repris la lettre et la relus. Le tsunami ravala chaque parcelle de mon organisme, le noyant de désir. Sa signature me laissa perplexe.

« - Tu connais un garçon qui s'appelle ILV ?
-Pas vraiment. I comme ?
-Isaac ?
-Pourquoi pas. L comme...
-Ludovic ? Larry ? Lenny ?
-Et V comme...
-Son nom de famille. Il a de belles initiales. »

--------Un temps.

« - Il me dit qu'il me donnera bientôt de ses nouvelles ! Ah ! On va être à la bourre ! »

--------C'était déjà le cas. Fonçant telles deux fusées, on se propulsa en cours de biologie. Pour une fois, je décidai de porter une attention toute particulière à ma classe. Après tout, ILV était peut être parmi eux.




ll llx_____CARAMBAR_____xlllll


# Posté le samedi 21 février 2009 08:29

Modifié le samedi 14 novembre 2009 11:51

Three You drive me crazy

 Three                                                                                                                      You drive me crazy






























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-------- Les draps sont gelés. Ce corps qui se veut être mien se tord dans tous les sens, soumis à un sortilège maléfique. Hantée, dépecée, enchantée, tourmentée. Un mélange profond de bonheur intense et de torture insupportable. Ca me ronge les tripes, ça boit mon sang, ça se divulgue dans mon âme. Amoureuse. Et Anéantie. Tombée, alors que je pensais déjà être au fond du gouffre. Je suis irrévocablement folle de lui. Folle de ses paroles. Folle de ses mots qui me transpercent la chair, faisant ruisseler mon hémoglobine. Mes cheveux se mêlent aux siens. Je veux te voir, sentir ta peau contre la mienne, réunir nos lèvres et les sceller à jamais. Ta lettre a été la plus belle que je n'ai jamais reçue. Obsédée par le mystère qui t'habite. Je veux te voir, me sentir dans le creux de tes bras.

--------Nous sommes dans un jardin. La verdure luxuriante et les arbres fruitiers à profusion entourent nos deux corps enlacés. Recouvertes par de simples feuilles de vigne, nos silhouettes se cherchent, se taquinent, se caressent. Tout n'est que volupté. Ton visage m'est invisible. Je ne vois que tes bras s'enroulant autour de moi, me serrant contre toi. Tes jambes musclées sont étendues, parallèlement aux miennes. Certaines fois, elles viennent à se frôler, et la chair de poule se forme le long de mon épiderme. Et il y a le pommier, un peu plus loin. Je me desserre de ton étreinte et affamée, cueille un des fruits délicieux. Sans prendre garde, je croque dans la chair juteuse. Ton visage m'apparaît. Mes yeux s'ouvrent. Quel rêve. Quel cauchemar. Une semaine que cette souffrance divine baigne mon sommeil. Ou devrais-je dire mon insomnie ? Les bras endoloris, je me prépare, avec le même manque d'énergie qui perdure depuis que je me suis coincée dans les mailles vicieuses de ton filet. Comme si le fait de ne plus te lire me complimenter, ne plus savoir ce que tu penses, ce que tu veux me dire m'anéantissait. Des cernes prononcés et une mine affreuse, je quitte le domicile familial, sous l'½il inquiet de ma maman. Tout comme elle, Max parait soucieux de mon état physique et mental.

« - Vitamine ?
-Max, je n'arrive plus à dormir. Tout mon corps est en proie à lui. C'est l'horreur !
-Ca va passer. Tu es un peu sonnée.
-Un peu sonnée ?! Carrément malade, oui. »

--------Comme chaque matin, j'ai ce pincement au c½ur quand je m'approche du casier. Je prie pour qu'il m'ait laissé quelque chose. Ne serait ce qu'un post-it. Je retire le cadenas et ouvre la petite porte. Soubresaut cardiaque. Apnée. Hypnose. Une enveloppe. Sans attendre de réaction de la part de Max, je m'empresse de la déchiqueter et commence à lire. Plus rien ne compte. Plus rien n'a de valeur, sauf cette lettre.


« Je suis sincèrement désolé de t'avoir faite attendre. Je te vois chaque matin un peu plus décrépie en découvrant ton casier vierge de tout signe de vie de ma part. Je ne pensais pas que tu attacherais autant d'importance à un maigre admirateur de mon espèce. Tu vaux tellement, tellement mieux. Je ne veux pas te hanter comme tu me hantes. C'est à moi que revient la souffrance, en observant tes courbes que je n'aurai jamais l'audace de caresser, en m'imprégnant des traits de ton visage avec mes yeux, sans jamais avoir l'opportunité de sentir ta joue tiède dans ma paume. Le plus beau cadeau que tu m'aies offert, c'est tout simplement d'être toi. Par contre, si tu en ressens l'envie, nous pourrions communiquer, tous les deux. J'ai en moi le besoin profond d'échanger avec toi, même si cela doit se faire à l'aide de papier et d'encre. Tout ce qui peut me rapprocher de ta personne me remplit d'une joie sans limite. Tu n'auras qu'à déposer ta lettre dans la tranche de ton casier, et je viendrai la récupérer. Ne t'en fais pas, personne d'autre ne viendra la prendre. Les cernes n'accentuent que davantage ta profonde beauté. Je me sens mal de te dire ça, mais tu dégages une aura de désir et de tentation que je me sens à peine capable de résister. A très vite, ILV. »

Tsunami. Chavirement. Querelle des sentiments. Débâcle d'émotions. Je t'en veux de me faire ressentir cela. Je pensais mon barrage un peu plus solide. Dans un état second, Max et moi nous dirigeons en cours d'anglais. Merveille des merveilles, le professeur nous passe un documentaire. J'arrache avec maladresse une feuille recyclée de mon cahier WWF, attrape mon stylo bille, et me décide à rédiger ma réponse. Le manque de lumière cause une difficulté supplémentaire.

« Comment veux tu que tu ne me hantes pas ? Mon cher admirateur, il fallait s'y attendre. Il faudrait que je sois totalement insensible pour ne pas éprouver ce que j'éprouve à ce moment même à ton égard. Un mélange sournois d'attirance et de rejet. Je n'ai jamais eu cet effet sur une personne, et je dois dire que ce que tu ressens me choque. Je n'arrive pas vraiment à comprendre que tu puisses ne serait ce qu'avoir du plaisir à me regarder. Je suis d'une banalité criarde. Tu es un prédateur redoutable. Quant à moi, je suis une proie frêle et faible. Tu as croqué mon c½ur sans relâche. Tu m'as décharnée. Tu m'as démembrée. Je suis dépourvue de tout. Et je ne vois même pas ce que j'écris ! Je suis en cours d'anglais, le prof nous passe un documentaire.
Te rends tu compte que depuis une semaine je ne dors plus ? Je passe mes nuits à penser à toi. Et ne pas savoir qui tu es me rend folle. Ne pas voir celui qui m'admire avec autant d'assiduité me donne envie d'hurler.
Je n'aime pas la St Valentin non plus. Enfin, plutôt, je la déteste. Pas pour les mêmes raisons que toi, mais je la déteste quand même. Je n'appellerai pas cette fête celle des amoureux, mais plutôt celle du porte monnaie. Et au porte monnaie, on lui fait sa fête bien comme il faut. J'ai envie de relire l'une de tes deux lettres. Tu me rends totalement accro. Mes lignes à côté des tiennes sont d'une nullité déplorable.
Et quoi ! Mes cernes me rendent encore plus belle ? J'aime tes compliments, mais là je t'arrête tout de suite. Je ressemble à un panda ! D'ailleurs les pandas sont beaux, ce qui n'est pas mon cas. Et à chaque fois que je te lis, je me mets à ressentir des bouffées de chaleur. Un panda rouge. Non, je suis totalement affreuse. Redonne-moi de tes nouvelles le plus vite possible. Tu m'as fait trop attendre. Je crois que je suis tombée amoureuse de toi. A très vite, Vitamine. »


--------Je relis rapidement, vérifiant les fautes d'orthographe et les tournures de phrase. Je suis probablement un peu pathétique. Mais sincère. Il le remarquera. Mes pattes de mouche sont catastrophiques. J'ai toujours haï mon écriture. Je plie avec le plus de concentration possible ma misérable réponse et tague un « ILV ». Le documentaire est presque terminé. Apparemment, il parle du cinéma d'Hollywood. Les garçons salivent en admirant Angelina Jolie, tandis que les filles et Max bavent devant la moue de George Clooney.
Rapidement, la sonnerie retentit, et je me rue à mon casier pour poster ma petite lettre. Max me regarde, intrigué. Ses yeux de chien battu me toisent.

« - Non, Max ! Tu ne liras pas ma réponse !
-S'il te plait !
-J'ai dit non. »

--------Je lui tends la lettre. Il la parcourt rapidement puis la repose à sa place, sans faire de commentaires. Nous allons à notre prochain cours. Ma tête n'est pas aux mathématiques.
La journée passe trop lentement. Comme n'importe quelle journée au lycée. Les cours défilent au ralenti, tel un diaporama qu'on aurait réglé à la vitesse minimum.

--------Je rentre finalement chez moi, en ayant bien sûr fait un tour à mon casier. Maman est déjà rentrée et lave le linge dans le ruisseau. Je pose mon sac et file la rejoindre. Je m'installe à côté d'elle et ne voulant pas rester les mains vides, commence à frotter. Cette dernière se stoppe et m'observe. Elle veut que je prenne la parole en premier. Pas question. Que veut elle que je lui dise ?

« - Noisette ? »

--------Bingo, elle a craqué tout de suite. Sans relever la tête, je réponds :

« - Oui ?
-Regarde-moi s'il te plait. »

--------Je plante mon regard dans le sien. Maman passe sa main humide sous mes yeux de panda. Elle parait très concentrée et intriguée.

« - Que se passe-t-il, ma boulette de riz ?
-Comment ça, maman ?
-Tu as l'air épuisée. Et totalement ailleurs.
-Je n'arrive plus à fermer l'½il.
-Oh, une tisane au tilleul te fera le plus grand bien.
-Maman, je ne crois pas qu'une tisane puisse faire quoi que ce soit pour m'aider. Mon problème est plus ... mental.
-C'est un garçon qui t'obsède !
-Mais non, voyons ! Ne vois pas l'amour à chaque fois !
-Mais si, Noisette ! Je dois être aveugle ! Comment il est ? Blond, brun ? Tu lui as parlé ? T'a-t-il volé un baiser ?
-Maman ! Ce n'est pas au sujet d'un garçon. »

--------Je repose le jean délavé dans le panier et file dans la maison. Maman est très perspicace quand elle veut. Voulant me changer les idées, je vais préparer à manger. Faire la cuisine pour oublier, autant faire ça plutôt que de boire. J'ouvre le congélateur et attrape quelques sèches. En accompagnement, je fais chauffer un peu de riz. Ma créativité culinaire est au point mort.

--------Tout en regardant l'eau bouillir et les sèches griller, je rêvasse. Je veux te sentir près de moi. Sentir ta peau contre ma peau. Ressentir ton étreinte autour de mon corps en manque de toi. Je veux voir ton regard plongé dans le mien et t'entendre me murmurer des Je t'aime. Tu m'obsèdes. Tu m'attaques de toute part. Ton odeur que j'imagine me hante. De l'aneth, du sel et du ... brûlé ! Je rouvre les yeux, totalement paniquée, et observe les sèches totalement carbonisées me scruter, apparemment vexées. Je stoppe le feu et jette le repas. L'eau a débordé. J'éponge comme je peux et plonge le riz, mettant tout en ½uvre pour ne pas faire plus de dégâts. Maman rentre dans la maison et se bouche le nez.

« - Chérie, tu as fait des pancakes ?
-Non, j'ai fait brûler les sèches.
-Oh, noisette ! Ne fais pas à manger ! Papa a eu une promotion, il nous invite à manger à Mcdo !
-Oh, joie ! »

--------Maman s'approche et pose ses mains autour de ma taille.

« - Papa travaille dur.
-Je sais, excuse moi. Je ne vais pas super.
-Je sais noisette. Tu n'es pas comme d'habitude. Si tu as besoin de préservatifs, ou même de parler, je suis là.
-Merci maman. »

--------Elle dépose timidement un baiser sur ma joue puis monte ranger le linge. Je lui crie :

« -Je peux inviter Max à manger ?
-Bien sûr ! »

--------J'appelle immédiatement mon ami, prenant soin d'éteindre le feu pour ne pas inonder la maison. Au bout d'une sonnerie, Max répond :

« - Hey !
-Yo ! On va manger à Mcdo ce soir, mon père a eu une promotion et nous invite. Tu veux venir ?
-Avec grand plaisir. Ma mère a fait de la soupe à l'oignon. Même en aérant la chambre, l'odeur reste, c'est l'horreur !
-Mais elle est délicieuse la soupe à l'oignon de ta maman.
-Vitamine, tu peux être sincère, elle n'est pas à côté.
-Je te sauve la vie, sur ce coup là ?
-Plus que ça.
-On passe te prendre dans une heure, c'est bon ?
-Parfait. Je me prépare. A tout.
-Yes. »

--------Se préparer ? J'espère qu'il ne va pas encore me faire le coup du smoking. En quelques secondes, sa belle chemise blanche sera accompagnée de ketchup et de bouts de steak haché. Je fais rapidement mes devoirs, le temps que maman finisse son rangement.

« Vitamine, on y va ! »

--------Je file enfiler mes convers. J'ai échangé mon pantacourt orangé pour un jean délavé, tandis qu'un petit haut a remplacé mon tee shirt rouge. Maman aurait piqué une crise si je ne m'étais pas changée. Elle a déjà du mal à ne pas m'arracher mes habits...

--------Ma tête est toujours ailleurs. Toi. Tu hantes chaque parcelle de mon esprit. Je sens ta tête se réfugier dans ma nuque. Je sens tes mains protectrices s'enrouler autour de ma taille. Murmure moi je t'aime, encore... Ta voix mielleuse fait battre mon c½ur plus rapidement... Tu m'arraches le c½ur et l'embrasse. Tu le mords avec passion.

« Vitamine, qu'est ce que tu fabriques ? »

--------J'ai toujours ma convers à la main, les yeux fermés et les lèvres légèrement ouvertes. Rouge tomate, j'enfile ma deuxième chaussure. Maman parait suspicieuse. Je ne lève pas les yeux et file dans le van. Avant de nous diriger vers notre fabrique de cholestérol, nous passons chez Max. J'aurais pu le parier. Chemise blanche, pantalon noir, veste assortie. Chaussures vernies. Il salue poliment ma maman puis s'installe près de moi. Je le dévisage.

« -Max, notre dernière virée à Mcdo ne t'a pas servi de leçon ?
-Je vais faire attention, cette fois, Vitamine.
-J'en doute. Ta mère va s'arracher les cheveux si tu débarques avec une chemise rouge tout à l'heure.
-Je vais faire attention. »

--------Il me sourit, et moi je ris sadiquement. Je parie un an d'argent de poche qu'il ne rentre pas indemne. Il n'est pas capable de manger proprement un hamburger. La tomate qui se barre dès qu'on croque dans le sandwich. Le ketchup qui dégouline de part et d'autre des bouts de pain. Le steak haché qui s'effrite et qui s'émiette sur les vêtements. Et puis les frites ! Usines à huile, les mains recouvertes d'omégas hydrophobes qu'il essuie, par mégarde, sur sa chemise éclatante. Le verre de coca dans lequel il s'amuse à faire des bulles avec sa paille. Les bulles qui débordent du verre et qui l'inondent. Et puis le Sunday, sa glace au caramel préférée, ce caramel fondant qui s'effile et qui le maquille tout entier de filaments caramélisés. Non, Max n'est pas fait pour manger au Mcdo en smoking. Papa nous attend sur le pas de la porte du restaurant. Maman lui saute dans les bras, comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis plusieurs années. Des années lumière. Je n'ai jamais rien compris à ce cours de physique, mais je sais qu'une année lumière, c'est très long. Max sert la main de papa qui le prend dans ses bras.

« -Comment tu vas ma beauté ? lui demande papa. Je soupire d'agacement.
-En pleine forme, et toi mon minou ? »

--------Je m'approche de papa. Il me serre également dans ses bras. « Tu es très en beauté, ma noisette. » Avec maman, ils sont incapables de simplement serrer la main ou de faire la bise. Non, on est toujours obligé de passer par la case « câlin ». Comme si la journée avait duré plusieurs semaines. Comme si on revenait du combat, après plusieurs mois sans nouvelle. J'accepte qu'ils se comportent de cette manière avec moi. Cela ne me dérange pas le moins du monde. Mais qu'ils fassent ça avec tout le monde, inconnus ou amis, me sidèrent.

--------Papa nous installe à ma table préférée. Celle avec les sièges confortables. Je déteste m'asseoir sur les sièges en plastique. Max a même gravé précédemment mon prénom dans l'angle de la table. Lolita, notre serveuse attitrée, nous apporte nos menus. Nous ne dérogeons jamais à nos habitudes. Après tout, pourquoi changer les affaires qui marchent ? Big Mac pour Max. Royal Cheese pour Maman. Royal Bacon pour Papa. Des nuggets pour moi. Chacun croque dans son boucheur d'artères. Déjà, j'aperçois les tomates prêtes à s'échapper, attendant le moment propice. Maman rattrape au vol un bout de fromage qu'elle s'empresse d'enfourner dans sa bouche, peut être par peur qu'il ne prenne la fuite. Avec mes petits nuggets, tout est moins problématique. Je refuse catégoriquement de les tremper dans du ketchup ou autre sauce éc½urante. La composition de mes bouts de poulet pané me parait déjà assez suspecte pour que je ne rajoute de nouveaux composants gras. Après quelques bouchées, papa pose son Royal Bacon, avale une gorgée de son Sprite, puis racle sa gorge. Je pose mon bâtonnet à demi entamé. Maman, attristée de devoir faire une pause dans son repas riche en graisse, mord un gros bout de son Royal Cheese avant de le reposer. Elle parait un peu ridicule avec sa grosse joue. Je regarde Max. Pas une tâche. Ca va venir, il n'en est même pas à la moitié de son Big Mac. Papa nous sourit et commence :

« - Bien, si je vous ai invités ce soir à manger, c'est pour vous annoncer une grande nouvelle. Vous savez tous que je m'occupe exclusivement de la caisse et que je ne me suis jamais occupé de la cuisine, à mon grand regret, malgré ma réputation de roi des Hamburgers. Mais ce matin, alors que je vidais les poubelles et que j'étais seul, j'ai eu une idée. J'ai voulu faire moi-même un Hamburger. »

--------J'avais déjà peur de la suite.

« J'ai donc fait un hamburger. Mais comme je ne savais pas la recette, j'ai fait un peu au pif. Et puis un des responsables est venu, et m'a bien engueulé. Mais je lui ai demandé de gouter mon invention. Et il l'a fait !!! Et il a adoré ! Il m'a donc placé chef de l'équipe. Et je suis responsable de ce hamburger. Je voulais vous le faire goûter, mais j'avais peur que vous ayez peur d'essayer. Voilà, j'ai eu une promotion, et je suis en cuisine maintenant ! »

--------Nous applaudissons. Papa a l'air vraiment heureux. Je sais qu'il a toujours rêvé de faire partie de l'équipe des cuisiniers. La seule fois où il avait essayé de faire un hamburger, il avait totalement raté son coup. Hamburgers carbonisés, frites rouges ... Maman reprend la parole :

« - Comment tu l'as appelé ?
-Le Royal vitamine. »

--------Je m'étouffe en avalant de travers mon Fanta. Il a donné mon nom à son ... Hamburger ?
Je suis touchée, très touchée. C'est vraiment délicat de sa part. Je rougis, encore.

« - Tu es contente boulette de riz ?
-Oui, papa. Merci. »

--------Je me lève et lui embrasse furtivement la joue. Il m'attrape par la taille et me pose sur ses genoux.

« - Papa, ya du monde au restaurant...
-Et alors, je n'ai pas le droit de montrer que je suis raide dingue de ma fille chérie ? »

--------La soirée s'est bien passée. J'ai gagné mon pari. Max, malgré sa prudence extrême, n'a pas vaincu face au pouvoir du caramel. Maman a tenu à gouter au Royal Vitamine. Je suis dans mon lit, et je pense à toi. Ton corps d'Apollon me serre. J'ai les mains posées contre ton torse nu. Ton visage m'est toujours invisible. Encore le jardin de la tentation. Je veux croquer à nouveau dans la pomme. C'est le seul moyen pour voir ton visage. Mais je ne veux pas m'éloigner de toi, de peur que tu ne disparaisses. J'ai l'impression que si je me desserre de ton étreinte, je ne vais plus pouvoir respirer. Tu me permets de survivre. Alors que tu me tortures. J'aimerais t'implorer, aie pitié, mets un terme à ce poison qui m'envenime de l'intérieur. A l'intérieur. Heureuse et malheureuse. Je donnerais corps et âme pour rester à jamais dans tes bras. Je pourrais signer un pacte avec le Diable, si tel était l'unique moyen pour t'observer pleinement. Si c'est l'enfer où tu veux me conduire, je suis capable de te suivre, car l'enfer avec toi est mon paradis. Notre paradis. Tels des menottes, tes lignes m'ont emprisonnée et me retiennent à tout jamais collée à toi.

--------Apollon, fils de Zeus et de Léto, tu es descendu sur Terre pour me rendre totalement dingue. Amoureuse d'un homme dont seuls les écrits me raccrochent à lui. C'est au moment où je croque la pomme que je me réveille, le visage en sueurs et la respiration haletante. Je pensais que l'amour était pour les faibles. Je croyais que l'amour était un déséquilibre de l'esprit. Si tel est le cas, je suis atrocement faible et déséquilibrée.





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Les amis, bonjour!
Je me permets de vous importuner! J'ai décidé de jouer à ma grande gourmande. J'aimerais 100 coms sur ce chapitre ! Un peu trop gourmande, peut être ... J'espère que ce chapitre vous plait. J'ai beaucoup aimé l'écrire. Petite anecdote pour la route, le soir où j'ai écrit ce chapitre, j'avais fait comme repas des sèches et du riz, je me suis donc inspirée de mon vécu pour l'infliger à cette petite Vitamine !
Enfin, bonnes vacances à celles qui ont encore la chance d'y être, bon cours à celles qui, comme moi, ont repris! Et puis Peace and Love de Steven et Cameron!!
Bisous
.





# Posté le dimanche 22 février 2009 07:22

Modifié le samedi 14 novembre 2009 11:53

Four I wish the best of everything for you

 Four                                                                                                                      I wish the best of everything for you

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« J'ai cru mourir un instant. T'es tu comparée à un morceau de viande ? Et moi à ton traqueur ? Je ne pourrais te faire aucun mal. Rien que la pensée de passer ma main dans tes cheveux m'horripile, tant j'aurais peur de te décoiffer. Tu es une poupée de porcelaine, si précieuse, si rare. Je veux te protéger comme on protège un trésor. Tu es mon trésor. Jamais, ô grand jamais, je ne voudrais que tu dises que je te fais du mal. Ces mots me transpercent au plus haut point et me vident de mon sang.
Je ne crois pas que savoir qui je suis est une bonne chose pour toi. Et que tu te rendes folle à ce propos me donne envie de mourir. Je veux que tu sois la plus heureuse du monde. Je veux continuer à te voir rire. Ne t'enferme pas dans les limbes de la pensée. C'est une prison dont personne ne sort indemne. Si on parvient à s'en défaire, on reste tout de même marqué au fer rouge. Ecoute moi, tu n'es pas amoureuse de moi. Tu ne peux pas l'être. Tu es amoureuse de mes mots, de ce qu'ils représentent pour toi. Tu es amoureuse de l'effet que mes lignes provoquent à ton corps. Tu ne connais même pas mon visage. A côté de toi, je suis une vulgaire tâche de gras. Pire, tu ne me connais pas. Tout simplement. Tu ne peux être amoureuse de l'inconnu. Tu es jeune, et tes réactions sont dues à une surdose d'hormones. Dors, mon amour. Ote tes mauvaises pensées qui souillent ton âme.

Comment peux-tu être choquée face à mon admiration ? Tu es la personne la plus désirable qui soit. Tout en toi m'attire. Tes pouvoirs charmeurs me font réagir comme si j'étais un trombone, irrévocablement appelé par un aimant. Tu es magnifique. Je découvre chaque jour grâce à toi que le monde peut être beau. Que la vie peut valoir le coup. Je comprends pourquoi certaines personnes trouvent leur seule raison de vivre en une autre personne. L'élue de leur c½ur. Celle qui les fait sourire, même quand tout autour d'eux devrait les faire pleurer. Celle qui leur montre le sens réel de la vie.
Cernes ou non, tu restes toujours cette décharge qui réanime mon c½ur comateux. Cette bouffée d'air frais qui me fait inspirer à pleins poumons. Affreuse ? Toi affreuse ? Autant dire que Los Angeles n'est pas la cité des anges.

Je me suis encore plongé dans ton regard chocolat. Quelles merveilles, tes deux billes marron. Quand ton regard m'envahit, c'est comme si le monde autour n'était qu'un amas d'ordures ménagères. Seul le pouvoir de tes pupilles m'ensorcelle. La mort, les guerres, la tristesse, la maladie, les famines ... Plus rien. Juste tes yeux. Rien que tes yeux. Ils engloutissent mon univers. Ils m'engloutissent tout entier. J'aime à me laisser aller de cette manière. Je me plais à penser que seules ces deux perfections existent. Que seule ta perfection existe. Tu es mon essentiel, Vitamine. Laisse moi m'abreuver de toi jusqu'à en devenir ivre mort. Tes courbes sensuelles déclenchent en moi des tourbillons, des dégringolades de sentiments. De véritables ouragans qui renversent mon c½ur. Des incendies qui embrasent mon organisme. Tu as des pouvoirs magnifiques. Tu fabriques en moi un déferlement de bonheur. Je suis heureux. Euphorique.
Laisse-moi à ma folie. Ne te laisse pas hanter par l'amour que j'éprouve pour toi.
Aie pitié de mon c½ur qui bat, pour toi. Aie pitié de mon âme qui ne peut se détacher de toi. Aie tout simplement pitié de moi. Écris-moi encore, que ton odeur vienne se nicher sur le papier à lettres, qu'elle vienne s'engouffrer dans mes narines et qu'elle m'extasie.

Que tes mots viennent m'offrir cette force que je perds quand tu t'éloignes. Que tes lignes m'aident à combattre quand tu reposes dans ton lit. Et quand moi, inlassablement, je m'enivre de toi, que je t'imagine dans mes bras, que tu dors paisiblement contre moi, que je caresse ton visage et que je le noie de baisers.
Fou à lier. Mais je refuse de me soigner, quand c'est ce qui me rend fou qui me permet de vivre.

Ton humble admirateur, ILV. »


-------- Je relis sa réponse, encore et encore. Confortablement allongée, mon oreiller moelleux soutenant mon dos, je m'imprègne encore une fois de ses mots qui me recouvrent d'un voile de douceur et de tendresse. Une brume de sucre vanillé qui me délasse. Ecoute moi, tu n'es pas amoureuse de moi. Que sait-il de moi ? Comment ose-t-il supposer une chose qu'il ignore ? Je n'ai jamais cru à l'amour. L'Amour avec un grand A. A comme Affection, Attention, Attache. Amour qui rime avec toujours. Cet amour là n'existait pas. C'était une invention pure et simple pour faire croire que l'être cher allait rester toute sa vie à nous cajoler et à nous vénérer telle une reine. A croire que le marin s'amarrera à notre port et ne reprendra plus jamais la mer. Etre humain et naïf !

-------- J'étais de celles qui étaient sûres que le marin n'était pas un gentil toutou qu'on attachait à sa niche. Le marin ressent toujours l'appel du large. Toujours, finalement, non. J'ai eu faux sur une bonne partie de la ligne. Le marin peut délaisser le but de sa vie, s'il en a trouvé un autre. Tout aussi dangereux. Contraignant. Mais tout aussi merveilleux. L'amour est une grande aventure. Et le marin aime l'aventure. Il rencontre sa sirène, il l'a entendue chanter. Quel idiot, il a suivi sa voix mélodieuse. Il a débarqué sur son île. Il l'a découverte, allongée sur le sable chaud. Elle lui a fait signe d'approcher. Elle l'a embrassée. Ils ont fait l'amour. Quelles sensations dans son ventre, quels tumultes dans son estomac. Comme quand la mer s'agite. Que les vagues déchaînées recouvrent son petit bateau. La sirène n'est pas parfaite. Elle a son petit caractère. Des défauts prononcés. A la maison, lors de certaines disputes, il reprendrait volontiers la mer. Mais, au large, qui l'attendra, les bras grands ouverts, lui faisant signe de s'y réfugier ? Qui lui sourira, le soir, lorsqu'il apparaitra sur le palier ? Qui lui fera papillonner le c½ur avec ses baisers langoureux ? Personne. C'est alors qu'il se rend compte de la chance qu'il a. Il file la serrer dans ses bras, lui susurrant des mots doux qu'elle gobe comme des chocolats.

-------- L'Amour existe. Il suffit de le dégoter. Tu ne peux être amoureuse de l'inconnu. Qu'est ce que tu en sais ? Avant de prendre la mer, le marin a-t-il conscience de ce que la mer lui réserve ? Et se rend-il compte des pouvoirs fabuleux de la belle sirène ? Amoureuse de tes mots, sans aucun doute. Je n'aurais tout bonnement jamais imaginé que des lettres d'amour auraient pu me faire pleurer. Me faire cet effet. Si mon état est du à une surdose d'hormones, j'espère rester en overdose le plus longtemps possible. Serre-moi dans tes bras. Mon beau matelot, ne laisse pas ta sirène s'échapper. Fais la danser, fais la tournoyer, donne lui mal à la tête, qu'elle perde toute notion de réalité. Je pleure. Encore. Totalement dingue. J'essuie ces gouttes d'eau clandestines. Maman frappe à la porte.

« -Max est là, Noisette.
-Dis lui de monter, s'il te plait. »

-------- Maman s'exécute. J'entends déjà les pas de mon ami dans l'escalier. Des pas de lynx. De loup. Tout réside dans sa grâce. Max est plus raffiné que n'importe quel félin. Il entre sans frapper, et dépose son petit sac de nuit, trousse de toilette et pyjama, au pied de mon lit. Il file s'installer près de la table de nuit, les fesses par terre. Je pose ma main sur son épaule. Sa paume chaude la recouvre. Je soupire.

« - Il me rend totalement dingo.
-A ta place, je serais pareil.
-Max, tu le crois ça ? Je me rends malade pour un garçon !
-Je dois dire que j'ai un peu de mal à capter.
-Moi aussi.
-Tu arrives à dormir ?
-J'ai fini par accepter les tisanes au tilleul de ma mère. Ya un peu d'effet, mais c'est pas gagné.
-Tu devrais en parler, à ta mère. Elle te comprendrait. Et ça te ferait du bien.
-Mais tu es là, Max.
-Je ne suis pas une fille. J'ai peut être des tendances féminines, mais mon esprit n'est pas totalement féminin. Heureusement d'ailleurs ! »

-------- Je le tape doucement. Il se retourne et me sourit.

« - Et tu sais quoi ?
-Quoi ?
-Si j'étais une fille, je serais lesbienne, juste pour pouvoir sortir avec toi.
-Oh, Max, t'es trop mignon ! »

-------- Je l'embrasse tendrement sur la joue. Quel bonheur quand il est là. Je pose ma tête sur son épaule. J'aime nos moments de tendresse. Aucun geste mal placé. Aucun doute à avoir. Tout est tellement naturel avec lui. Pas besoin de faire semblant. Une nouvelle larme vient se perdre sur ma joue. Lentement, elle roule et se perd dans son cou. Il retourne sa tête dans ma direction.

« - Hey ! Petit écrevisse ! C'est mon odeur d'oignons qui te fait pleurer ? »

-------- Tout en sanglotant, sa remarque me fait rire. Quel son catastrophique, un rire dans des sanglots ! Il me tire du lit et me pose sur ses genoux. Je ne suis pas bien grosse, mais j'admire son action. Je plonge ma tête dans son cou et me laisse aller. Après tout, ce n'est pas mauvais de pleurer. Ca calme. Ca fait du bien. Et j'ai mon Max qui me console. Après quelques minutes, je me sens beaucoup mieux. Max passe sa main dans mon dos et me murmure :

« - J'ai bien envie de trouver ce mec et de lui faire manger ses feuilles de papier !
-Il n'y est pour rien.
-Il fait pleurer ma Vitamine !
-Je suis trop émotive. Je ne pleure pas parce que je suis triste.
-Tu as raison, tu as l'air pleine de joie de vivre !
-Disons que, je ressens des choses nouvelles. Que je n'avais jamais ressenties.
-Tu deviens romantique ! »

-------- Je l'embrasse furtivement sur la joue, me détache de son étreinte et essuie les dernières larmes versées pour aujourd'hui.

« Ca creuse de chouiner. On va manger ? »



_________________________


« Tu as fait naitre en moi un miracle dont j'ignore encore la force. Je ne suis pas d'accord avec toi. On peut tomber amoureux de l'inconnu. L'inconnu est beau. Mystérieux. Mystique. Il fait s'emballer les coeurs des jeunes filles, des pauvres petits agneaux, qui se jettent toutes innocentes dans la gueule du loup. J'ai soif en l'inconnu. Je ne vois pas ton regard. Mais je l'imagine. Me recouvrir toute entière. La folie, on ne la choisit pas, on la subit. Je suis peut être folle de tes mots. Mais tu es l'auteur de ma folie. Je suis donc folle de toi. Ton intérieur est beau, c'est tout ce qui compte pour moi. Je ne suis pas amoureuse d'un mannequin anglais totalement dépourvu de vie. Oui, tu es mon prédateur. Peut être un serpent venimeux. Tu as mordu ma chair. Ton venin s'est répandu dans mon corps et a endolori tous mes membres. Il les a rendus totalement en proie à toi. Et maintenant, le venin a atteint mon coeur. Grand dieu, que c'est bon. Sentir le venin glisser dans mon intérieur. Le sentir s'infiltrer dans les parcelles de mon organe cardiaque au rythme de ses battements. A chaque « Bam », une goutte y pénètre. Je ne te connais peut être pas. Mais c'est la même chose pour toi. Tu ne sais pas qui je suis. Qui j'ai été. Et qui je serai. Mon prénom. Mon visage et mon corps que tu désires. Voilà les armes qui t'ont rendu fou. De la chair, du sang. Ton désir est charnel. Tout comme le mien.
Réponds-moi le plus vite possible. Déclenche en moi ces battements incontrôlables que j'aime à ressentir. Vitamine. »


-------- Max parait très concentré. Il lit attentivement la réponse que j'ai rédigée peu de temps avant qu'il n'arrive. Puis il pose le papier. Il me scrute, sans rien dire.

« - Alors ? »

Il parait perplexe. Je crois qu'il cherche ses mots.

« - C'est très charnel. J'aimerais qu'un mec m'écrive ça. »

Je souris bêtement et maladroitement.

« - Je te trouve très pure d'éprouver cet amour quelque peu anormal alors qu'il t'est inconnu.
-Je me trouve plutôt malsaine.
-Vitamine, tes mots sont purs comme du cristal. Tu t'emballes peut être un peu trop. Mais c'est ça l'amour.
-Je ne sais pas. Je n'ai jamais vraiment su, en fin de compte. »

-------- Je suis roulée en boule sur le lit. Les genoux sous le menton. Max vient se faufiler à côté de moi. Il pose son dos contre mes genoux, et relit une nouvelle fois ma réponse. Je suis assez fière de ma comparaison avec le serpent. Un cobra ? Un serpent à sonnettes ? J'ai entendu dire que lorsqu'on apercevait le serpent à sonnettes, c'était déjà trop tard. Ou bien c'est peut être un autre serpent. En tout cas, ce reptile saute sur sa victime et la mord. La mort est quasi instantanée. Le venin se répand si rapidement que d'être sauvé à temps et d'y réchapper est considéré comme un miracle. J'ai à faire à ce type de serpent. J'ai toujours eu horreur de ces bestioles.

« - J'aime la métaphore du serpent, me murmure Max.
-Moi aussi.
-Je me demande à quoi il ressemble.
-Il doit probablement être magnifique. Majestueux.
-Tu l'imagines blond ou brun ?
-Tu sais que j'ai toujours eu un faible pour les blonds. Ca me fait penser au soleil. »

-------- Finalement, je crois que le serpent est mon animal préféré. Après tout, c'est un animal totalement spectaculaire. Son corps longiligne faisant corps avec le sol. Ses courbes voguant sur la terre sèche. Ses écailles colorées se mariant avec l'environnement alentour. Tel un caméléon, il tente de ne faire qu'un avec son lieu de prédilection. La tête tout à fait originale, recouverte des mêmes écailles. Et ses yeux. Deux billes envoutantes. Ses prunelles dont on a du mal à se détacher, comme hypnotisé. Il profite alors de notre état de transe pour enfoncer ses crocs acérés dans notre chair nue. Sa langue pointue sifflante. Le venin mortel. Il ne fallait pas le déranger. Le serpent n'aime pas combattre pour le plaisir. Il cherche simplement à se défendre. Et provoque la peur. Il est capable de tuer. De donner la mort et la laisser remonter jusqu'au c½ur. Imaginer la mort traverser tout un corps fait froid dans le dos. Dans mon Etat, celui d'Arizona, on en trouve beaucoup, des serpents.

-------- Max s'allonge sur le lit. Ses yeux se ferment. Je fais de même et passe mon bras au dessus de lui. Cette nuit là, dans mon rêve, un serpent m'a tendu une pomme. J'ai hésité à croquer. Il m'a siffloté d'avoir confiance et de ne pas le craindre. Après tout, que pouvait me faire un vulgaire fruit inoffensif ? Je lui ai alors souri, il a sorti sa langue pointue. J'ai à nouveau approché la pomme de mes lèvres et sans réfléchir, j'ai croqué. Il s'est alors transformé en toi. Et j'ai ouvert les yeux.

















Coucou !!!!
Héhé, j'ai eu les 100 coms! Je vous remercie toutes =D et en particulier Sandrine, merci énormément <3 sans toi, il n'y aurait encore pas eu les 100 coms! Et merci à Léa aussi .
Je ne demande aucun nombre de commentaires cette fois, ces 100 coms c'était juste pour... moi =D



# Posté le dimanche 22 février 2009 07:32

Modifié le samedi 14 novembre 2009 11:53